Architecture contemporaine de Lot-et-Garonne

Panorama 20e & 21e siècles - Lot-et-Garonne

Fiche

Eglise du Sacré Cœur

Construction publique

Commune

Agen (47000)

Adresse

1 rue Philippe Lauzun

Maître(s) d'œuvre

Paul ABADIE Henri VIDAL

Année de livraison

1946

Période de réalisation

1946-1975

Mots-clés

Eglise du Sacré Coeur, détail porche d'entrée © CAUE 47

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Eglise du Sacré Coeur, le clochet-porche © CAUE 47

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Eglise du Sacré Coeur, sur cette façade on repère les deux époques de construction © CAUE 47

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Eglise du Sacré Coeur © CAUE 47

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Eglise du Sacré Coeur, nef et choeur vus du nord © CAUE 47

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Eglise du Sacré Coeur, bas coté ouest © CAUE 47

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Marquant l’entrée du faubourg du Pin, l’église du Sacré Cœur représente un exemple de bâtiment composite dont la réalisation s’est échelonnée sur les 50 premières années du 20eme siècle. Initié par Paul Abadie en 1876, le bâtiment ne sera terminé qu’en 1946 avec l’édification de son clocher-béton qui représente un morceau de bravoure architecturale (hauteur des piliers environ 25 mètres). L’église du Sacré Cœur constitue un des symboles de la modernisation urbaine de la ville d’Agen, qui va accueillir, dans ce quartier, à partir des années 50, l’école Paul Bert ainsi que le lotissement Courtier-Fabien, situé rue Labat.

En savoir +

Ce projet est une œuvre ambitieuse et tardive dans la carrière de l’architecte Paul Abadie, dont la renommée liée aux restaurations d’églises de Bordeaux et Périgueux a grandi encore avec le chantier de l’église du sacré cœur de Paris.

Ce nouvel édifice cultuel d’Agen, implantée à proximité de la place du Pin, dans un quartier de faubourg, devait remplacer l’église de Sainte Foy (sise en face de la gare) démolie en partie pour la création du nouveau boulevard Carnot. Edifié à partir de 1876, il resta longtemps inachevé car le clocher, dont le dessin était l’exacte réplique du clocher de l’église Sainte Marie de la Bastide à Bordeaux, ne fut jamais réalisé.

Les contraintes du tissu urbain n’ont pas permis d’orienter l’édifice. Ainsi le chevet est-il au sud et l’entrée au nord. Il se compose aujourd’hui de 2 ensembles :
la nef et le chevet élevés au 19e siècle d’inspiration néo-gothique (avec des références à la période d’apogée du moyen-âge, située entre 1150-250)
- le clocher-porche réalisé entre 1938 et 1946, en béton armé.

L’église de plan rectangulaire présente une nef de 6 travées longées de 2 bas-côtés. Chaque travée est éclairée, au niveau du bas-côté comme au niveau de la fenêtre haute, géminée, par une baie en arc-brisé. La nef et les bas-côtés sont voûtés d’ogives. Les arcades et les colonnes retombent sur des piles cruciformes. Le chœur est séparé de la nef par un mur diaphragme que surmonte un triplet.Le chevet est plat et est formé d’un chœur au plan carré, enserré entre 2 sacristies. Les murs gouttereaux de l’église sont rythmés par les contreforts où prennent appui des arcs boutants.

Les vitraux datent de la fin du 19e siècle et sont l’œuvre de peintres-verriers Dagrant (1899) et Leuzy (1901), originaires de Moissac.

L’ambition de ce projet a résidé dans son programme, et l’ampleur des volumes intérieurs, avec la présence d’arcs-boutants qui donnent une certaine légèreté aux élévations. Le projet semble toutefois inachevé au niveau de la conception du chevet, qui est masqué par des sacristies très proéminentes.

Accolé à l’église, le clocher en béton armé appartient par sa verticalité au style « moderne ». La transition entre la nef néo-gothique et la façade de style « moderne » s’opère cependant avec subtilité dans le dessin des baies géminées très élancées et les arcs brisés de la tribune. Commencé en 1942, d’après un projet établi en 1938-39 par l’architecte Henri Vidal, le clocher-porche est terminé qu’en 1947. La guerre et le manque de crédits retardèrent l’achèvement de l’édifice, qui ne sera complètement terminé qu’après la guerre.

La première travée de la nef, réalisé en 1942, dispose une tribune dont le béton a conservé les traces de coffrage.  Soutenue par 4 piliers, celle-ci accueille l’orgue de l’église de Jacobins.

L’ouvrage même du porche est constitué de 5 arcades très élancées soutenues par des piliers en béton armé. Ces arcades fermées par 2 pans de mur en retour, constituent un placage en avant du mur de façade que cantonnent les pignons des bas-côtés. Ces pignons sont percés de trois hautes et étroites baies géminées couvertes en mitre. Le sommet du clocher, horizontal, sert de base à un campanile composé de poutres en béton, abritant 3 cloches disposées en pyramide et couronnées par une croix.

Le porche abrite les trois portes d’entrée de l’église. Chaque linteau est surmonté d’un triangle sculpté. Le décor de cette façade en béton armé se concentre également dans les bandes verticales, en forme de bâtons brisés obtenues par des différences de traitement du béton.

La chaire réalisée également en béton d’après le dessin de H.Vidal constitue un bel exemple de mobilier religieux d’esprit « art déco ». La cuve cylindrique porte un décor de croix et de lignes géométriques tracé sur l’enduit projeté sur le béton poncé. L’église fut consacrée par Monseigneur Feltin en 1957.

Ressources complémentaires / Base Mérimée - Ministère de la Culture et de la Communication