Architecture contemporaine de Lot-et-Garonne

Panorama 20e & 21e siècles - Lot-et-Garonne

Fiche

Eglise Sainte Jehanne de France

Construction publique

Commune

Le Passage d'Agen(47 520)

Adresse

Place Sainte Jehanne de France

Maître(s) d'œuvre

Jacques POMPEY

Maître d'ouvrage

Diocèse

Année de livraison

1965

Période de réalisation

1946-1975

Distinctions

Inscription de la totalité de l’église avec son clocher isolé et son patio à l’inventaire des Monuments Historiques (arrêté du 01/02/2001)

Façade principale (côté est) © CAUE47

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Façade de l'église sur la place (nord) © Jacques Pompey

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Le clocher est équipé d'un carillon dont le bourdon vient de la cathédrale d'Alger © CAUE47

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La façade principale présente, sur son pignon triangulaire, un décor composé d’un appareillage de lits de pierre équarries, ponctué d’éléments en bossage. © CAUE47

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La façade sud est composée de refends en béton, dont le quadrillage accueille un assemblage de dalles de verres éclatés colorés © CAUE47

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Panneaux de béton de la salle paroissiale © CAUE47

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Patio du presbytère, les poteaux coulés dans un coffrage de rondins, ont donné au décoffrage un profil cannelé. © CAUE47

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Plan d'ensemble église, presbytère, salle © Jacques Pompey

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Coupe transversale sur l'église - vue sur le choeur © Jacques Pompey

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Coupe longitudinale sur l'église - vue sur les vitraux © Jacques Pompey

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Détail du bas relief en bronze, oeuvre de Jacques Bringuier © CAUE47

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Sol de la nef dallé en pierre du Lot en forme de labyrinthe © CAUE47

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Charpente en faisceaux de lamellé-collé du maître charpentier Gérard Cahours © CAUE47

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La tribune en fond de nef accueille un grand orgue © CAUE47

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Chemin de croix polychrome réalisé par Jacques Bringuier © CAUE47

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Chemin de croix mêlant un travail à la fresque avec une inclusion d'ardoises, nimbes d'images à la feuille d'or, oeuvre de Jacques Bringuier © CAUE47

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Vitraux en dalle de verre © CAUE47

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Les vitraux en béton et dalles de verre éclaté sont dus au Père Ephrem d'enCalcat © CAUE47

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Escalier en spirale de marches en béton sur une demi-coque centrale menant à la tribune et à la crypte © CAUE47

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La crypte © CAUE47

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Dans la périphérie pavillonnaire du Passage d’Agen, l’ensemble composé de l’église Sainte Jehanne de France, son clocher et sa salle paroissiale participe au milieu des années 60 à la création d’un nouveau quartier d’habitat collectif. Œuvre résolument moderne de l’architecte Jacques Pompey, l’édifice emprunte au minimalisme par sa matérialité austère et son dépouillement. Il témoigne aussi de la collaboration fructueuse avec l’artiste Jacques Bringuier et le sculpteur André Bourreau.

En savoir +

L’édifice rectangulaire s’inscrit dans une composition urbaine en forme de U dont les 2 ailes sont occupées par des immeubles d’habitat collectif. L’église est dédiée à Jeanne de France, fille de Louis XI, répudiée par Louis XII et fondatrice de l’ordre des annonciades. Une allée flanquée de cèdres met en scène l’arrivée sur le porche de l’église. En retour, cette perspective file jusqu’au coteaux de Garonne pour mettre en relation l’église avec l’hôpital de la Candélie (autre projet de Jacques Pompey).

Un portique porté par une colonnade de poteaux relie l’église d’un côté à un clocher-campanile isolé et de l’autre à sa salle paroissiale, par l’intermédiaire d’un patio, donnant sur la place. La façade principale, côté est, présente, sur son pignon triangulaire, un décor composé d’un appareillage de lits de pierre grossièrement équarries, ponctué d’éléments en bossage.Un bas-relief en bronze évoque la vie de Sainte Jehanne.Les vantaux de la porte ainsi que ses poignées formant bénitier présentent un intéressant travail de serrurerie en bronze. 

La façade sud est composée de voiles et de refends en béton, dont le quadrillage accueille un assemblage de dalles de verres éclatés colorés. Ces éléments vitrés semblent évoquer les lignes d’un paysage à l’horizon. Ils ont été réalisés par le père Ephrem.

La façade nord présente un bandeau de vitraux en imposte qui est visible depuis le patio. A l’intérieur de l’édifice, l’ensemble des maçonneries (entreprise Albani) en béton a été sablé, rendant visibles les traces de coffrage en bois.

La charpente en bois (entreprise Cahours) laisse apparaître la sous face en lambris et les chevrons qui sont soutenus par des contrefiches disposées en parapluie. Une crypte mais aussi une tribune qui accueille des orgues sont accessibles par un escalier préfabriqué en béton.

Le décor intérieur se compose essentiellement d’une fresque représentant un chemin de croix fixé en entaille sur la face nord de la salle, d’un sol de pierres calcaire en opus incertum dont le calepinage compose à l’entrée de l’église un motif circulaire de labyrinthe ; ce type de motif représente la symbolique du dédale crétois (référence au mythe du Minotaure), du « méandre », ou du « chemin de Jérusalem ». Le centre du motif labyrinthique est nommé paradis ou « encore Jérusalem céleste ». 

Le sol de l’église descend en pente douce vers l’autel mis en valeur par des emmarchements en pierre. Le chœur est volontairement dépouillé de tout ornement : un simple autel en granit de Sidobre laissé brut et une grande croix en lamellé-collé portant un christ, attribuée au sculpteur André Bourreau. Le confessionnal, résolument moderne, est rendu visible aux yeux de tous ; par un conduit en forme de croix, le paroissien reçoit la confession du prêtre.

Le clocher-campanile, culminant à une hauteur de plus de 30 mètres, est porté par une structure évidée en panneaux de béton. Le carillon de 5 cloches doit son bourdon à la cathédrale d’Alger.

La galerie soutenue par des poteaux canelés conduit au patio de la salle paroissiale qui a été construite plus tardivement en 1979. La façade principale de cette salle présente une alternance rythmée de voiles et de refends en béton.

L’artiste Jacques Bringuier, né en 1925, a réalisé le bas-relief en bronze situé dans la galerie ainsi que la fresque intérieure. Contemporain de Jacques Pompey, cet ancien élève de l’atelier du peintre Nicolas Untersteller, et de l’atelier de fresques du peintre Ducos-Delahaille, collaborera avec l’architecte pour 2 autres opérations agenaises : la peinture murale de l’hôpital de la Candélie et les fresques de la chapelle de l’institution Notre Dame.

L’église a été consacrée le 25 mai 1965 par l’évêque Roger Johan. 

Par ces choix de matérialité assez brute (béton et bois) et son dépouillement, cette œuvre architecturale emprunte au registre stylistique du mouvement moderne et minimaliste.